Préparer son logiciel et ses relevés au DPE 2027

Le DPE change au 1er janvier 2027, et deux choses doivent être prêtes avant : votre logiciel et votre carnet de relevé. Le premier ne dépend pas de vous, ce qui est une raison de plus d’appeler votre éditeur maintenant. Le second dépend entièrement de vous, et c’est là que se joue la différence entre une visite propre en janvier et une contre-visite.

Ce que la version 2027 doit savoir faire

Trois blocs de nouveautés, issus de deux arrêtés publiés en août 2026 et applicables ensemble au 1er janvier 2027.

📋 Voir aussi — Retrouvez toutes les durées de validité dans notre tableau récapitulatif de la validité des diagnostics immobiliers 2026 (DPE, amiante, plomb, gaz, électricité, termites…), à la vente comme en location.

Le facteur de conversion de l’électricité passe de 1,9 à 1,7 (arrêté du 19 août 2026). C’est la modification la plus simple à intégrer côté éditeur, et la plus visible côté client : la consommation en énergie primaire des usages électriques baisse de 10,5 %.

Six informations supplémentaires apparaissent dans le rapport (arrêté du 11 juin 2026) : l’énergie renouvelable totale produite sur site en kWh, cette production rapportée à la consommation d’énergie finale, le principal vecteur énergétique en énergie primaire et en énergie finale, une évaluation de la durée de vie restante du chauffage et de la climatisation, la capacité de la maison individuelle à réagir à des signaux externes pour adapter sa consommation, et l’aptitude des émetteurs à fonctionner à basse température. S’y ajoute la distinction, dans l’annexe 8, entre ventilation systématisée d’un côté, aération et défauts d’étanchéité de l’autre.

La mention A0 pour les logements à émissions nulles, avec ses trois conditions cumulatives — voir les conditions détaillées de la mention A0.

Les trois questions à poser à votre éditeur, maintenant

C’est le point bloquant de tout le dispositif, et il ne dépend pas de votre organisation. Un logiciel non mis à jour au 2 janvier, c’est une activité à l’arrêt.

À quelle date la version 2027 sera-t-elle livrée, et validée ? Livrée et validée ne sont pas la même chose. Demandez la date de mise à disposition, pas l’intention.

Comment seront traités les dossiers saisis en décembre pour une édition en janvier ? C’est la question qui révèle la qualité de la préparation. Un dossier commencé sous une version et édité sous une autre doit être requalifié, pas converti silencieusement.

La mise à jour est-elle comprise dans l’abonnement ? Question triviale jusqu’au jour où elle ne l’est pas.

Un éditeur incapable de répondre à ces trois questions à l’automne est un signal, pas une fatalité : il reste le temps de comparer. Nous tenons à jour un comparatif des logiciels de diagnostic qui peut servir de base à la discussion.

Le carnet de relevé : quatre ajouts dès cet automne

Voilà la partie qui vous appartient, et la plus rentable à traiter tôt. Aucune des informations nouvelles ne se retrouve depuis le bureau une fois la visite terminée. Un relevé incomplet en janvier, c’est un déplacement à refaire, non facturable.

La production d’énergie renouvelable sur site

Le photovoltaïque cesse d’être une case cochée. Relevez la puissance installée, la production, la part autoconsommée, et récupérez les justificatifs — facture d’installation, relevé de l’onduleur, compteur de production. Photographiez l’onduleur et son écran. Idem pour le solaire thermique. La déclaration du propriétaire ne suffira plus à documenter une quantité en kWh.

L’âge des systèmes

C’est l’ajout qui va coûter le plus de temps sur le terrain. Une plaque constructeur se lit rarement du premier coup : peinte avec le mur, masquée par l’habillage, ou simplement orientée du mauvais côté quand le générateur a été posé au chausse-pied. Le texte demande une évaluation de la durée de vie restante du chauffage et, le cas échéant, de la climatisation. Sans année de mise en service, cette évaluation repose sur rien.

Prenez dès maintenant l’habitude de photographier systématiquement la plaque signalétique, de noter la date de pose quand le propriétaire la connaît, et de demander le carnet d’entretien. Trois mois d’habitude prise avant janvier vous feront gagner un temps considérable ensuite.

Le pilotage et la basse température

Deux informations distinctes, souvent confondues. Le pilotage, c’est la capacité à décaler la consommation : ballon d’eau chaude asservi aux heures creuses, pompe à chaleur régulée, thermostat connecté. La basse température, c’est une caractéristique des émetteurs : plancher chauffant et radiateurs surdimensionnés fonctionnent à basse température, des radiateurs fonte anciens dimensionnés pour 70 °C non.

Cette seconde information est la plus intéressante techniquement, parce qu’elle prépare la suite : elle dit si une pompe à chaleur s’installera sans casse. Elle intéressera vos clients bien au-delà du DPE.

Le renouvellement d’air

L’annexe 8 distingue désormais la ventilation systématisée de l’aération et des défauts d’étanchéité. Votre relevé doit permettre de séparer les deux : d’un côté le type et l’état de la VMC, de l’autre les points de fuite constatés — menuiseries, trappes, passages de gaines. Ce sont deux natures de renouvellement d’air, l’une voulue et pilotée, l’autre subie.

La check-list, à coller dans votre trame

Sept lignes à ajouter à ce que vous relevez déjà, formulées comme des questions auxquelles il faut pouvoir répondre en sortant du logement :

  • Y a-t-il une production d’énergie renouvelable sur site, et de quelle puissance ?
  • Quelle production annuelle, et sur quel justificatif — facture, onduleur, compteur ?
  • Quelle est l’année de mise en service du générateur de chauffage ?
  • Y a-t-il une climatisation, et de quand date-t-elle ?
  • Quels équipements sont pilotables — ballon en heures creuses, thermostat, régulation de PAC ?
  • Les émetteurs sont-ils aptes à la basse température ?
  • Quel type de ventilation, et quels défauts d’étanchéité constatés, séparément ?

Aucune de ces sept réponses ne s’invente. Toutes se perdent dès que la porte est refermée.

Le cas de l’audit énergétique

Les commentaires de cet été se sont concentrés sur le DPE, si bien qu’un pan entier du texte est passé sous les radars : l’arrêté du 19 août 2026 vise le facteur de conversion utilisé pour le diagnostic de performance énergétique et pour les audits énergétiques réglementaires.

La difficulté y est d’un cran supérieure. Un audit ne décrit pas seulement un état actuel, il projette des états après travaux et des classes visées. Un audit remis en décembre 2026 projette donc des scénarios qui seront lus, mis en œuvre et éventuellement contestés en 2027, sous un jeu de règles différent de celui qui a servi à les calculer.

Trois précautions : vérifier que votre outil d’audit suit le même calendrier de mise à jour que votre outil DPE — ce n’est pas toujours le même module, ni parfois le même éditeur ; revoir vos scénarios types, dont les gains affichés vont mécaniquement changer ; et dater explicitement la version de calcul dans le rapport, ce qui vous protège si un client compare deux audits établis à quelques semaines d’écart.

Les trames de rapport

Point mineur mais qui prend du temps s’il est découvert tard : l’arrêté remplace, dans le corps du texte, le qualificatif « vertueux » par « efficace ». Beaucoup de modèles de rapport en circulation reprennent la formulation réglementaire mot pour mot. Une recherche-remplacement dans vos trames, faite tranquillement en novembre, vaut mieux qu’une relecture en urgence.

Le passage de décembre à janvier

Trois précautions.

Un DPE établi en décembre 2026 reste parfaitement valable dix ans avec l’ancien facteur. Décaler une visite ou antidater un rapport n’a donc aucune justification technique, et beaucoup d’inconvénients en cas de contrôle.

Si vous signez en novembre un devis pour une visite prévue en janvier, mentionnez la version applicable. Le client qui compare deux étiquettes issues de deux jeux de règles différents se retournera vers vous, et vous n’aurez que votre devis pour l’expliquer.

Enfin, anticipez les appels des propriétaires dont l’étiquette change sans travaux : ils n’ont pas besoin d’un nouveau diagnostic, une attestation gratuite est prévue sur l’observatoire de l’Ademe. Le savoir vous évitera de vendre une prestation inutile — et de la voir vous revenir en réclamation.

Si votre éditeur n’est pas prêt

L’hypothèse mérite d’être envisagée froidement plutôt que découverte le 2 janvier. Un logiciel non conforme ne permet pas d’éditer un DPE valide : les textes ne prévoient ni mode dégradé, ni saisie manuelle de rattrapage, ni tolérance de quelques semaines.

Deux réflexes, donc. Obtenez un engagement écrit sur la date de livraison — un courriel suffit, il vaut mieux qu’une promesse en réunion. Et identifiez dès l’automne une solution de repli que vous savez opérationnelle, quitte à ne jamais vous en servir : le coût d’un abonnement de secours pendant un mois est sans commune mesure avec celui d’une activité arrêtée en pleine reprise de janvier.

Un calendrier tenable

D’ici la fin de l’automne, l’appel à l’éditeur et la mise à jour des trames. En novembre et décembre, les quatre ajouts au carnet de relevé, pris comme une habitude et non comme une consigne. En janvier, la vigilance sur les dossiers à cheval et le discours client. Rien de tout cela ne demande beaucoup de temps si c’est fait à l’avance, et beaucoup si ça ne l’est pas.

Pour la vue d’ensemble : tout ce qui change au 1er janvier 2027. Ces évolutions relèvent de l’objet même de la formation continue, que l’arrêté du 20 juillet 2023 définit comme « un rappel des nouveautés législatives, réglementaires ou normatives ainsi que des évolutions techniques et des bonnes pratiques de la profession », et que le même texte autorise « en présentiel ou à distance ». Nos sessions : DPE sans mention, DPE avec mention, audit énergétique. Nos formations ne sont pas éligibles au CPF, faute d’enregistrement au RNCP.

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