Check-list du diagnostic gaz en 2026 : points de contrôle, anomalies et preuves
En 2026, l’état de l’installation intérieure de gaz (souvent appelé diagnostic gaz) reste un pilier du DDT en vente et en location. Pour le diagnostiqueur, l’enjeu est double : sécuriser les personnes (risques fuite / CO) et produire un rapport irréprochable (méthode, traçabilité, cohérence des conclusions).
Ce guide vous donne une check‑list opérationnelle (avant visite, sur site, rapport) alignée sur le cadre de référence : arrêtés, décret location et NF P45‑500 (version reconnue).
- Obligation lorsque l’installation gaz a plus de 15 ans (vente et location) et remise au candidat acquéreur/locataire dans le DDT.
- Validité : 3 ans (vente) / 6 ans (location).
- Le diagnostic se fait sans démontage et couvre 3 piliers : appareils, tuyauteries, aération/évacuation.
- En pratique, la mesure du CO ambiant est un point sensible : documentez votre métrologie (identification, certificats/contrôles internes) et appliquez un protocole reconnu dans la profession.
- Cadre 2026 : périmètre, validité et textes
- Check‑list avant visite : préparer la mission
- Check‑list terrain : les points de contrôle essentiels
- A1 / A2 / DGI : classer, expliquer, sécuriser
- Rapport & traçabilité : éviter les erreurs qui coûtent cher
- Résumé imprimable (check‑list express)
- FAQ
- Sources officielles & références
1) Cadre 2026 : périmètre, validité et textes
Le diagnostic gaz vise à évaluer les risques pouvant mettre en danger la sécurité des occupants. Il doit être fourni par le vendeur ou le bailleur lorsque l’installation intérieure de gaz a plus de 15 ans, y compris pour les dépendances. Le diagnostiqueur doit être certifié, assuré et indépendant.
Référence pratique (grand public, à relayer à vos clients) : Service‑public — Diagnostic gaz (périmètre, contenu, validité, sanctions).
Validité 2026 (à annoncer dès la prise de commande)
- Vente : diagnostic établi depuis moins de 3 ans à la promesse/acte.
- Location : diagnostic établi depuis moins de 6 ans à la signature du bail.
- Passerelle utile : un diagnostic réalisé pour la vente peut être joint au bail s’il a moins de 6 ans (logique reprise par le décret location).
Les textes à citer dans vos process
- Modèle & méthode : arrêté du 24/08/2010 (modifiant l’arrêté du 06/04/2007).
- Norme méthodologique : arrêté du 25/07/2022 reconnaissant la NF P45‑500 (juillet 2022) à compter du 01/01/2023.
- Location : décret n° 2016‑1104 du 11/08/2016 (durée de validité 6 ans, équivalences, champ).
Objectif 2026 : zéro « retour rapport »
Vous voulez une méthode stable (prise de commande → terrain → rapport), avec les bons réflexes sur CO, documents équivalents et formalisme ? Notre parcours Diagnostic gaz vous donne une trame claire + cas pratiques.
2) Check‑list avant visite : préparer la mission
Une bonne visite commence avant d’ouvrir la mallette. Voici le script « anti‑surprise » qui réduit les impossibilités de contrôle et sécurise votre responsabilité.
2.1 À confirmer à la prise de rendez‑vous
- Le bien comporte‑t‑il une installation intérieure de gaz (gaz naturel ou GPL) ?
- Installation > 15 ans (ou dernier certificat de conformité > 15 ans en location) ?
- Présence d’appareils fixes (chaudière, chauffe‑eau, chauffage, appareil raccordé) ?
- Accès garanti à toutes les pièces, placards techniques, caves, combles, dépendances (si alimentées en gaz) ?
- La fourniture de gaz est‑elle active (compteur/robinet, bouteille/citerne) ?
2.2 Documents à demander (si disponibles)
- Dernier certificat de conformité (utile pour vérifier les équivalences et l’historique).
- Attestations d’entretien (chaudière), factures de remplacement (appareil, conduit, ventilation).
- Notice ou plaque signalétique des appareils (type, puissance, année) si accessible.
Astuce conversion : annoncez au client que l’absence de documents n’empêche pas le diagnostic, mais que l’accès et le fonctionnement normal des équipements conditionnent vos vérifications (et donc la qualité du rapport).
2.3 Matériel & traçabilité (focus 2026)
- Fiche interne « check‑in visite » (adresse, PDL/PCE si connu, type de gaz, occupant, pièces contrôlées/non contrôlées).
- Procédure interne pour la mesure du CO ambiant (protocole) + identification unique de l’équipement.
- Justificatifs de métrologie (au minimum : contrôle interne + certificats/constats selon votre organisation qualité).
Exemple de protocole métier : CNPG — Protocole CO (Édition 4, janvier 2025).
3) Check‑list terrain : les points de contrôle essentiels
La méthode réglementaire regroupe les vérifications autour de trois familles : appareils, tuyauteries, aération/évacuation. Le diagnostic est réalisé sans démontage et documente les risques observables.
3.1 Appareils alimentés en gaz (chauffage / ECS / moteur thermique)
- Identifier chaque appareil (type, implantation, accessibilité, présence de raccordement/évacuation).
- Vérifier l’état apparent et les conditions d’utilisation (stabilité, protection, dégagements, accessibilité des organes).
- Contrôler les organes de coupure associés (accessibles, manœuvrables).
- Repérer les situations à risque : appareil dans un local inadapté, défaut d’amenée d’air, extraction incompatible, traces de suie, corrosion, etc.
- Si votre méthode/protocole le prévoit : réaliser la mesure CO ambiant et consigner la valeur (avec l’ID de l’appareil de mesure).
3.2 Tuyauteries fixes d’alimentation & raccordements
- Parcours visuel complet : tuyauterie apparente, corrosion, chocs, fixations, passages de parois, protection mécanique.
- Repérer les raccordements et accessoires (robinets, détendeurs GPL le cas échéant, raccordements visibles).
- Contrôler les raccordements d’appareils (notamment cuisson) : type de flexible, état, absence de contrainte/traction.
- Vérifier la date limite d’utilisation des flexibles lorsqu’elle existe (et sa lisibilité) et signaler tout flexible périmé/dégradé.
- Écarter les montages « bricolés » (mise bout à bout de flexibles, tuyaux inadaptés au type de gaz, etc.).
Rappel sécurité (référentiel installations) : Arrêté du 23/02/2018 — Article 11 (tuyaux flexibles, interdiction de mise bout à bout). Conseils prévention (public) : Ministère — Respect de la date limite des flexibles (cuisson).
3.3 Aération des locaux & évacuation des produits de combustion
- Vérifier les amenées d’air (grilles hautes/basses, entrées d’air, absence d’obturation).
- Vérifier l’évacuation (conduit, raccordement, traces de désordres, situation « non conforme / à risque »).
- Identifier les cas sensibles : hotte/extracteur dans le même local qu’un appareil à tirage naturel, VMC spécifique, local confiné.
- Documenter les impossibilités (accès, appareils non présentés, locaux fermés, etc.) et leurs impacts.
4) A1 / A2 / DGI : classer, expliquer, sécuriser
Le rapport classe les anomalies selon leur gravité. L’objectif n’est pas de « réussir ou échouer » un diagnostic, mais de hiérarchiser le risque et de déclencher les bonnes actions.
| Code | Niveau | Ce que ça signifie (lecture client) | Conséquence | Action recommandée |
|---|---|---|---|---|
| A1 | Mineure | Risque léger / défaut à corriger lors d’une intervention ultérieure | Pas d’urgence immédiate | Planifier correction lors de travaux/entretien |
| A2 | Sérieuse | Risque avéré / défaut important | Travaux à prévoir rapidement | Recommander intervention d’un pro dans les meilleurs délais |
| DGI | Critique | Danger grave immédiat | Mise en sécurité / coupure (totale ou partielle) + information du distributeur selon procédure | Intervention urgente + remise en conformité avant remise en service |
Références « explications client » utiles : GRDF — A1/A2/DGI · QUALITEL — conséquences & obligations.
Transformer le rapport en décision (conversion)
Un rapport gaz est souvent lu « à la dernière minute » (compromis, bail). Pour éviter les blocages, proposez un plan d’action en 3 lignes : ce qui est urgent (DGI), ce qui doit être fait vite (A2), ce qui peut être programmé (A1). C’est simple, rassurant, et ça réduit les négociations sur prix.
5) Rapport & traçabilité : éviter les erreurs qui coûtent cher
En 2026, les litiges ne viennent pas seulement d’une anomalie manquée, mais d’un rapport flou ou mal justifié. Voici votre check‑list « qualité ».
5.1 Contenu minimum (à relire avant envoi)
- Adresse + identification précise du bien, parties privatives et dépendances couvertes.
- Liste claire des appareils contrôlés et des éléments non contrôlés (avec motif).
- Constats structurés selon les 3 piliers : appareils / tuyauteries / aération‑évacuation.
- Classement anomalies A1/A2/DGI + recommandations compréhensibles.
- Traçabilité des mesures (si réalisées) : valeur(s), conditions, et identification de l’appareil de mesure.
5.2 Livraison au bon moment (et au bon destinataire)
- Vente : intégrer au DDT et remettre à la promesse/acte.
- Location : annexer au bail (validité 6 ans) et conserver la preuve de remise.
5.3 Bonus 2026 : preuve de maîtrise CO
- Identifier l’appareil de mesure (ID unique) et consigner l’étalonnage/vérifications selon votre système qualité.
- Archiver vos documents (certificats/constats, procédure interne, registre).
- En cas de contestation, votre meilleure défense est la traçabilité (pas le discours).
6) Résumé imprimable (check‑list express)
À copier/coller dans votre fiche terrain, ou à transformer en gabarit interne.
| Étape | À faire | À noter dans le rapport | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| Avant visite | Confirmer accès + appareils + gaz actif ; demander docs si dispo | Contexte (type gaz, présence dépendances) | Rendez-vous sans accès aux locaux techniques |
| Terrain | Contrôler appareils / tuyauteries / aération-évacuation ; relever mesures si prévues | Éléments contrôlés vs non contrôlés (motifs) | Ne pas expliciter une impossibilité de contrôle |
| Anomalies | Classer A1/A2/DGI, expliquer et prioriser | Conséquences et actions recommandées | Recommandations trop vagues (“à vérifier”) |
| Rapport | Relire cohérence, livrer au bon moment, archiver | Traçabilité des mesures/équipements | Oublier l’identification d’un appareil de mesure |
Formations recommandées
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FAQ
Le diagnostic gaz est-il obligatoire si le gaz est coupé ?
Le diagnostic s’applique dès qu’il existe une installation intérieure de gaz de plus de 15 ans dans un logement à usage d’habitation. Si certaines vérifications sont impossibles (absence d’alimentation, compteur inaccessible, etc.), elles doivent être mentionnées et justifiées dans le rapport.
Quelle est la durée de validité en 2026 ?
3 ans en cas de vente (à la promesse/acte) et 6 ans en cas de location (à la signature du bail). Un diagnostic « vente » peut être annexé à un bail s’il a moins de 6 ans.
Un certificat de conformité peut-il remplacer le diagnostic gaz ?
Oui, dans certains cas. Par exemple, si l’installation a été modifiée ou complétée et qu’un certificat de conformité existe et date de moins de 3 ans à la vente, il peut éviter de refaire le diagnostic. Le certificat doit provenir d’un organisme reconnu (ex. Qualigaz, Dekra, Copraudit).
Que se passe-t-il en cas de DGI ?
Un DGI indique un danger grave immédiat. La procédure impose une mise en sécurité (pouvant aller jusqu’à la coupure) et, selon les cas, l’information du distributeur. La remise en service intervient après suppression du risque.
Sources officielles & références
- Service‑public — État de l’installation intérieure de gaz (obligation, contenu, validité, sanctions)
- Arrêté du 24/08/2010 — Modèle et méthode de réalisation de l’état de l’installation intérieure de gaz
- Arrêté du 25/07/2022 — Reconnaissance de la norme NF P45‑500 (juillet 2022), en vigueur au 01/01/2023
- Décret n° 2016‑1104 du 11/08/2016 — Diagnostic gaz en location (validité 6 ans, équivalences)
- CNPG — Protocole de mesure CO (Édition 4, janvier 2025)
- Ministère — Conseils de sécurité (dont flexibles de cuisson)
- Arrêté du 23/02/2018 — Article 11 (tuyaux flexibles, règles d’usage)


